• Une demeure de bord de mer du début du XXème siècle

    L’appellation Rohannec’h dériverait du nom de la famille de Rohan, probablement propriétaire de ces terres au Moyen Age et dont on sait que plusieurs membres de la famille vécurent à Saint-Brieuc. Il est probable que Rohannec'h se situait sur une de ces terres. 

    Propriété de la famille Rouvre, le domaine de Rohannec’h, par un jeu d’alliances et d’héritages,
    est passé entre de nombreuses mains, de la famille de Bréhant de l’Isle au XVe siècle à celle du duc de Maillé en 1769. En 1805, la propriété est vendue à Louis-François Rouxel de Maisonneuve et reste dans sa famille jusqu’à l’acquisition du domaine par le vicomte Alain Le Gualès de Mézaubran. C’est alors que l’histoire de Rohannec’h a véritablement commencé.

    On ne connaît aucune construction sur ces terrains traditionnellement dédiés au pâturage, jusqu’à l’achat du domaine en 1899, par le le vicomte Alain Le Gualès de Mézaubran, un armateur influent, industriel et homme politique briochin. Atypique dans le paysage briochin, la Villa Rohannec’h l'est par son architecture d'inspiration italienne et son histoire.

    Vue de la villa en 1920
    Carte postale de la villa Rohannec'h, env. 1920 © Archives départementales des Côtes d'Armor, 16FI4808_4793

    Imaginée par l'architecte Charles de Carmejeanne, elle est achevée en 1903. La somptueuse demeure d'environ 1300 m², devient alors le joyau du port du Légué et glorifie la position sociale et économique de son propriétaire : elle se démarque du bâti ordinaire par le recourt à une architecture savante et culturellement élitiste aux accents italianisants. Située en surplomb du port, la villa porte alors l’appellation de "château de Rohannec'h". Elle constitue par ailleurs un point de vue exceptionnel pour observer les activités portuaires et notamment les allées et venues des navires armant pour l’Islande, dont ceux de l'armateur. 
    En 1939, à la mort de l'armateur, Mme de Mézaubran vend le domaine de Rohannec’h à Mme Ollitraut du Reste, l’épouse du négociant briochin Pincemin. Mais dès 1941, la villa est occupée par des officiers Allemands puis par les Américains à la Libération.

    En 1946, la famille Pincemin vend Rohannec’h au département des Côtes-du-Nord.